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Mondial de l’Auto 2026 : l’électrique s’impose, un signal fort pour les loueurs

Le Mondial de l’Auto a rouvert ses portes ce 12 octobre à Paris Expo Porte de Versailles, pour une 91e édition qui court jusqu’au dimanche 18 octobre. Au-delà des concepts et des strass, l’édition 2026 envoie plusieurs signaux très concrets aux professionnels de la location de voiture : offre électrique qui se densifie sur tous les segments, arrivée massive des marques chinoises, et une demande qui bascule plus vite que prévu. Lecture du salon avec les lunettes d’un loueur.

Un salon qui a retrouvé sa taille critique #

Selon le dossier complet d’IZI by EDF mis à jour le 13 octobre, plus de 60 constructeurs sont présents cette année — contre une vingtaine de marques en 2022 et 48 en 2024. Stellantis occupe le terrain avec huit marques, Mercedes-Benz, Ford, Smart et Volvo signent leur retour, tandis que BMW-Mini, Toyota et Nissan manquent à l’appel. Autre chiffre parlant : une vingtaine de marques chinoises exposent, confirmation que leur offensive sur le marché européen n’est plus une hypothèse mais un fait.

Pour un gérant d’agence de location, cette densité retrouvée a une vertu simple : on peut, en une journée, comparer physiquement la quasi-totalité des modèles susceptibles d’entrer en flotte dans les trois prochaines années, et notamment les citadines et compactes électriques qui constituent le cœur du parc locatif courte durée. Le salon propose d’ailleurs des essais sur route : environ 90 modèles de 20 marques, avec plus de 5 000 créneaux ouverts à la réservation. L’entrée, elle, se situe entre 13 et 20 euros la journée — un investissement raisonnable pour une veille produit grandeur nature. Le programme détaillé est disponible sur le site officiel du Mondial.

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L’électrique partout, y compris sur les segments accessibles

Côté nouveautés, la presse spécialisée — notamment Automobile Propre — met en avant une vague de modèles électriques de grande série attendus sur le salon : nouvelle Dacia Spring, Hyundai Ioniq 3, et côté concepts une réinterprétation électrique de la 2CV chez Citroën. La tendance de fond est claire : l’électrique descend en gamme et vise désormais frontalement les segments A et B, ceux-là mêmes qui font le volume de la location.

Le chiffre à retenir : des demandes d’immatriculation de VE en hausse de 42 % #

C’est peut-être la donnée la plus importante du moment pour la profession. Toujours selon le dossier d’IZI by EDF, qui s’appuie sur les données du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), les demandes d’immatriculation de véhicules électriques progressaient de près de 42 % au 1er octobre 2026. Dans le même temps, les demandes pour les motorisations essence reculaient de 39 % et celles du diesel de 61,8 %.

Il s’agit bien de demandes d’immatriculation, pas d’immatriculations définitives, mais l’ordre de grandeur suffit : la demande bascule. Pour un loueur, cela signifie deux choses. D’abord, une clientèle de plus en plus nombreuse qui arrive au comptoir en ayant déjà roulé en électrique, ou en voulant essayer avant d’acheter — la location courte durée est, de fait, le premier point de contact de beaucoup de Français avec le VE. Ensuite, un marché de l’occasion thermique dont les valeurs résiduelles deviennent plus difficiles à prévoir, ce qui doit entrer dans tout calcul de renouvellement de flotte dès aujourd’hui.

Ce que ça change pour votre flotte

Concrètement, trois chantiers méritent d’être ouverts ou accélérés. Le premier est tarifaire : une électrique d’entrée de gamme se loue d’autant mieux que la grille intègre la recharge (incluse, facturée au réel ou via carte opérateur) sans zone grise pour le client. Le deuxième est opérationnel : chaque VE en parc suppose un point de recharge fiable à l’agence et un process de restitution adapté — niveau de charge au départ et au retour contractualisé, comme on le fait pour le carburant. Le troisième est commercial : l’argument « essayez avant d’acheter » devient un vrai produit d’appel, que les agences indépendantes peuvent travailler localement, y compris en partenariat avec les concessionnaires voisins qui n’ont pas toujours de véhicule d’essai disponible.

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Les marques chinoises, futur vivier des loueurs ? #

La vingtaine de marques chinoises présentes Porte de Versailles pose une question que beaucoup de professionnels se posent à voix basse : faut-il en mettre en flotte ? Leur proposition de valeur — prix d’achat agressif, équipement complet, électrique natif — coche des cases importantes pour la location. Restent les inconnues classiques : réseau après-vente, délais de pièces, valeur de revente. Le salon est précisément l’endroit où poser ces questions aux importateurs, contrat de maintenance en main.

Notre conseil

Si vous pouvez libérer une journée avant le 18 octobre, le déplacement vaut l’investissement : essais à réserver en amont sur le site officiel, rendez-vous à caler avec les constructeurs qui proposent des conditions grands comptes ou loueurs, et un œil attentif aux segments A et B électriques. Le Mondial 2026 ne dit pas seulement ce que les Français conduiront demain — il dit ce qu’ils voudront louer dès l’an prochain.

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